Presque tous les experts électoraux internationaux, attendus pour un conclave de deux jours avec les membres de la Commission électorale nationale indépendante pour la Transition (Cenit), ont débarqué à l'aéroport d'Ivato hier.
Parmi les délégations arrivées, il y a notamment 4 experts de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) dont Hugo Sada, 3 de l'Union européenne, 2 de l'Union africaine (UA) dont le chef du bureau de liaison de cette organisation à Madagascar, Mourad Taiati, 2 de la Commission de l'océan Indien (COI) dont Jean-Claude de l'Estrac, qui est à sa première mission officielle à Madagascar depuis son élection au secrétariat général de la commission et surtout les experts des Nations unies. Tandis que les experts de la Sadc pourraient débarquer ce matin, a-t-on appris hier.
Ledit conclave qui va se dérouler aujourd'hui et demain, sera, d'une part, une occasion pour ces experts internationaux de procéder à une évaluation de la mise en œuvre du calendrier électoral partiel qui a été présenté par la Cenit le 29 mai dernier. Par la suite, les deux parties s'attelleront à l'examen de toutes les questions afférentes aux prochaines élections qui devraient être tenues vers mai-juin 2013 d'après les recommandations des Nations unies. Il s'agira de procéder à une autre évaluation portant notamment sur les besoins techniques et financiers de la Cenit et d'arrêter un calendrier électoral définitif.
Si tout va bien et selon encore Béatrice Atallah, la publication de ce calendrier électoral définitif se fera le 1er août prochain.
Comme le prévoit la feuille de route, ce calendrier sera étudié et fixé avec les experts électoraux internationaux.
En fait, la Cenit a déjà préparé un nouveau chronogramme de ses prévisions en vue de ce calendrier. Les grandes lignes de celles-ci ont déjà été discutées dans le cadre de précédentes réunions de travail avec les représentants locaux de ces experts. Aussi, ce conclave s'annonce comme une réunion de validation ou non de ces nouvelles propositions de la Cenit.
Le paragraphe 10.g de la feuille de route rappelle que «Le calendrier électoral sera déterminé conjointement par la Ceni et les représentants des Nations unies sur la base du rapport de la mission d'évaluation des besoins électoraux des experts nationaux et internationaux et ce, pour organiser des élections crédibles, justes et transparentes dans les meilleurs délais possibles à Madagascar».
Il se trouve que lesdits délais ont déjà été annoncés : au plus tôt, les premières élections n'auront lieu qu'en mai-juin 2013. Autrement dit, environ un an… malgré les souhaits exprimés ici et là, entre autres, par le président de la Transition Andry Rajoelina qui voudrait voir une élection cette année.
Mais il faut reconnaître que beaucoup de choses ont changé depuis, notamment la survenance de cette recommandation internationale pour la tenue des élections l'année prochaine. Une recommandation à laquelle la Cenit et le pouvoir de Transition n'ont d'autre choix que de s'y soumettre… faute de quoi, la reconnaissance internationale recherchée risque d'être compromise. Et il ne faut pas oublier que de cette reconnaissance internationale des élections et du pouvoir dépend le rétablissement des différents financements internationaux du développement du pays.
Miadana Andriamaro