actualités - Madagascar
La grogne dans les zones franches
| Plus de 20 000 emplois directs et la vie de 500 000 personnes sont suspendus à l'éligibilité de Madagascar au sein de l'Agoa. Les employés tirent de nouveau la sonnette d'alarme et tiennent pour responsables les décideurs et les hommes politiques du pays. Le comité des employés pour la protection de l'Agoa (KMM Agoa), présidé par Jeannot Rakotomalalasoa, a interpellé de nouveau hier à Isoraka les responsables politiques, économiques et la société civile face aux enjeux que représente l'éligibilité de la Grande île au sein de l'African growth opportunity act (Agoa). En effet, les employés des zones franches bénéficiant des avantages de l'Agoa tiennent pour responsables de la situation actuelle et des éventuelles sanctions à l'encontre de la Grande île les hommes politiques et les hauts responsables du pays qui devront répondre de leurs actes selon le KMM Agoa si jamais Madagascar n'est plus éligible à l'Agoa. Plus de 20 000 employés seraient concernés directement par cette situation selon le KMM Agoa, tandis que le Bureau international du travail (Bit) a fait état de 35 000 à 40 000 emplois directs de perdus en cas de non éligibilité de Madagascar au sein de l'Agoa. 1000 emplois par semestre L'Agoa apporte 1000 emplois par semestre et fait vivre 500 000 personnes d'après le KMM Agoa. Toutes ces personnes ne devraient pas être les dommages collatéraux de la situation politique actuelle étant donné qu'elles ne font même pas de la politique et sont occupées à survivre avec le peu de salaire qu'elles gagnent. La situation devient de plus en plus tendue au niveau des employés des zones franches concernées puisque certains d'entre eux veulent exprimer ouvertement leur crainte à travers des manifestations. Le KMM Agoa essaie actuellement de calmer le jeu et poursuit ses actions de lobbying auprès des responsables locaux et internationaux. La dernière action en date du KMM Agoa était l'envoi d'une lettre aux différents responsables américains le 19 octobre dernier lors de la réunion du congrès et le début des études des conseillers du président Barrack Obama sur les pays éligibles à l'Agoa. Le cas de l'Agoa préoccupe encore plus les employés qui craignent de se retrouver au chômage par rapport aux entreprises qui, de leur côté, pourront s'installer dans un autre pays éligible et stable pour reprendre leurs activités. Les statistiques du commerce aux Etats-Unis, d'après les chiffres issus de la mise à jour économique de la Banque mondiale du mois d'octobre annoncent une baisse de 15 % des importations malgaches aux Etats-Unis en valeur entre août 2008 et 2009, y compris une diminution de 18% dans le textile. Par ailleurs, les perspectives ne sont pas très optimistes avec le risque croissant de la crise financière et la récession économique de Madagascar causée par la combinaison des pressions sur les finances publiques, sur le taux de change ainsi que la baisse prononcée dans le commerce international qui pourrait être accentuée par la suspension de la Grande île auprès de l'Agoa en fin décembre. Pour l'heure, les employés tout comme les employeurs n'ont aucune idée de la décision finale des Etats-Unis mais les actions déjà entamées auraient permis aux USA de changer de vision sur le cas de Madagascar. Les premières idées sur l'éligibilité ou non de la Grande île au sein de l'Agoa seront perceptibles vers la première dizaine du mois de décembre mais la décision finale reviendra au président américain qui annoncera officiellement la liste des pays élus à la fin de l'année.
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