SeFaFi - Le régime Rajaonarimampianaina à mi-parcours

SeFaFi - Le régime Rajaonarimampianaina à mi-parcours

Politique | 22/09/2016

L’Observatoire de la vie publique (SeFaFi) ne mâche pas ses mots en dressant un bilan négatif à mi-parcours du régime Rajaonarimampianina.

 

« On vit sous le joug d’un présidentialisme fort, à peine déguisé, qui va à l’encontre de la Constitution et favorise l’instabilité à tous les niveaux dans le pays. Le président de la République s’ingère dans tous les secteurs, faisant fi des attributions des départements ministériels et des procédures, s’arrogeant le droit de déterminer – seul – les priorités, aux dépens de la population et de l’économie. Cette attitude divise au sein même du gouvernement et ouvre un peu plus la brèche au pseudo opposants, avides de pouvoir, qui parlent non pas au nom de l’intérêt général, mais pour assurer leurs arrières ou préparer leur avenir politique », constate l’Observatoire de la vie publique.

 

Un premier constat concerne les domaines social et économique. « Même si quelques timides efforts ont été faits, le bilan du régime est loin d’être probant, malgré les promesses et les gesticulations. Le pouvoir d’achat de la majorité se dégrade continuellement et les inégalités se creusent encore. Les puissants et les riches se font soigner à l’extérieur, alors que les fameux hôpitaux manarapenitra sont en train de se dégrader et qu’une politique réaliste d’approvisionnement en médicaments fait cruellement défaut », regrette le SeFaFi.

 

Dans le domaine économique, les investissements privés et les investissements directs étrangers (IDE) se dont rares, alors que le chômage et le sous-emploi, notamment des jeunes, n’arrête pas de progresser. « Les seuls investissements publics d’envergure concernent le Sommet de la francophonie et sont concentrés dans la partie nord de la capitale. Les autres régions n’en tirent aucun avantage », constate le SeFaFi. Par ailleurs, l‘observatoire de la vie publique pointe du doigt la loi sur le Partenariat la Loi sur le Partenariat Public Privé qui contourne les dispositions 0des règles de passation des marchés publics et ne fait que renforcer la concentration des pouvoirs au niveau de la présidence.

 

D’après toujours le SeFaFi, la corruption se généralise dans tous les secteurs de la vie nationale et l’insécurité aux multiples facettes (physique, alimentaire et judiciaire) prend de plus en plus d’ampleur. Pour ce qui est du fonctionnement institutionnel, « la démocratie n’est qu’un slogan. Tout se décide en haut lieu et le plus souvent par une seule personne avec un semblant de dialogue et de concertation », selon l’observatoire de la vie publique.

 

En effet, les institutions censées jouer le rôle de contre-pouvoir se détournent de leurs véritables missions. « L’Assemblée nationale se fait plutôt l’avocat de l’exécutif, si elle ne se vend au plus offrant, et souffle ainsi le chaud et le froid ». De plus, « considérée comme le quatrième pouvoir, la presse ne sera plus en mesure d’informer le public, avec le nouveau code de la communication, notamment sur les dérives ou les malversations », avance-t-on.

 

Une diplomatie sans orientation stratégique

 

Avec le soutien de ses partisans, le régime Rajaonarimampianina se prévaut toujours d’avoir été élu démocratiquement, tout comme les députés, une partie des sénateurs et les responsables actuels des communes. Pourtant, en dépit des sorties médiatiques des tenants du pouvoir pour défendre les actions de l’État, une évaluation plus objective s’impose, selon le SeFaFi.

 

« En matière de diplomatie, malgré les incessants déplacements à l’extérieur, malgré l’accueil très controversé de sommets dispendieux, malgré les très prudents soutiens des partenaires techniques et financiers, force est de constater qu’il n’existe pas actuellement de véritable orientation stratégique », selon l’Observatoire de la vie publique.

 

Par ailleurs, depuis 2009, aucun ambassadeur n’a été nommé alors que les postes sont vacants au Japon, aux États-Unis, en France, à l’Union européenne et en Afrique du Sud. Ceci prouve non seulement le manque de détermination à concrétiser la coopération avec ces centres économiques et diplomatiques, mais laisse entrevoir une tendance troublante de centralisation extrême de la diplomatie au niveau du seul président de la République, d’après le SeFaFi.

 

En tout cas, l’observatoire de la vie publique estime que la paupérisation et les souffrances continues de la population sont tout simplement ignorées par les politiciens. « Il est temps pour nos dirigeants de multiplier les efforts et de redresser les torts auxquels ils ont eux-mêmes contribué. Car la situation présente est dramatique et il faut arrêter de nous mentir », déclare le SeFaFi.

 

LDV

Bannière et bloc de droite par défaut

.

Bannière et bloc de droite par défaut