Neypatraiky A. Rakotomamonjy : "le numérique est universel, et crée des emplois"

Neypatraiky A. Rakotomamonjy : "le numérique est universel, et crée des emplois"

Interview | 23/08/2017

A l’occasion d’une interview accordée à Orange actu, le ministre des Postes, des télécommunications et du développement numérique, André Neypatraiky Rakotomamonjy, s’est livré sur sa vision du développement du secteur des télécommunications à Madagascar. Entretien. 

Orange actu : Monsieur le ministre, quel est votre vision du secteur des Télécommunications pour les prochaines années ?

André Neypatraiky Rakotomamonjy : Je pense que le secteur des Télécommunications est le moteur du développement de ce pays. Après, avant de se projeter dans le futur, il faut savoir d’où on vient. Depuis 2005, le secteur des Télécommunications a été libéralisé totalement grâce à la loi 2005/023 qui avait été promulguée. Néanmoins, ce n’est que 10 ans plus tard, en 2015, que le décret d’application a pu être publié.   

A Madagascar, les règles sont claires. Il appartient aux opérateurs de mettre en place les infrastructures, et j’estime que c’est une excellente chose.  Par contre, il appartient à l’administration de réguler le marché et de mettre en confiance les opérateurs qui ont investis, et qui vont investir.

Je pense d’ailleurs que la présence des quatre opérateurs sur le territoire suffit largement pour le marché malgache.

Mon département ministériel est complètement conscient de notre rôle, dont le Développement numérique que monsieur le Président de la République nous a demandé mettre en œuvre depuis 2015.  Et le grand enjeu du futur du secteur des Télécommunications, il est là : le développement numérique.

Notre principale mission est donc de mettre en place les textes règlementaires afin de bien gérer le secteur, et de sécuriser les investissements des opérateurs privés. Lorsque j’évoque les opérateurs privés, je parle d’opérateurs au sens large, c’est-à-dire tous ceux qui travaillent dans le secteur du numérique, et pas seulement les opérateurs de réseaux.

Le numérique est universel, et crée des emplois. Et c’est ce dont on a besoin pour développer le pays.

Ma vision par rapport au secteur des télécommunications à Madagascar, c’est d’insuffler un vent nouveau pour que les jeunes pensent d’ores et déjà, après leurs études, à créer leur propre entreprise. C’est comme cela que le numérique participera au développement économique de Madagascar.

 

En tant que premier responsable du secteur des Télécommunications à Madagascar, de quel œil voyez-vous les engagements d’Orange à Madagascar ?

Je constate qu’Orange a toujours investi à Madagascar et ce, même durant le contexte trouble de la période de transition. Et les investissements continuent. La preuve avec la mise en place du réseau 4G. C’est ce que l’Etat attend d’un investisseur.

A travers l’association Orange Solidarité Madagascar, Orange démontre également son engagement citoyen. C’est une entreprise qui ne pense pas seulement à son profit, mais aussi au bien-être de la population.

Je félicite Orange qui a réussi le pari de s’intégrer dans le tissu social malgache. Vous savez, on m’a dit il fut un temps qu’Orange va quitter Madagascar. Je n’y crois pas. Les engagements sociaux d’Orange à Madagascar, et leurs investissements au profit du développement du pays sont autant de signes qui montrent qu’Orange est attaché à Madagascar.

 

Vous parliez de numérique pour tous, parmi les objectifs qui vous sont assignés. Quels sont les moyens à votre disposition pour atteindre ces objectifs ?

Il y a le projet numérique pour tous. C’est un projet présidentiel. Lorsque le Président Hery Rajaonarimamampianina a émis sa vision, celle de faire de Madagascar un pays prospère et moderne, le Gouvernement a le devoir de mettre en œuvre et de réaliser cette vision.

Mon département s’occupe du développement du numérique, et en tant que tel, nous voyons les investissements consentis par les opérateurs dans les infrastructures. Après, si le Gouvernement ne les accompagne pas, il est inutile de parler de développement du numérique.

Je peux vous dire qu’au sein du Gouvernement nous étudions en profondeur les différentes taxes qui frappent le secteur des Télécommunications. Je citerais par exemple le droit d’accise. Par essence même, le droit d’accise concerne les produits de luxe. Je pose alors la question, est-ce que la téléphonie est encore un produit de luxe ?

Aujourd’hui, les terminaux, les smartphones et les tablettes qui nous permettent de naviguer sur internet  sont non seulement frappées par les droits d’accise, mais aussi par les droits et taxes d’importation.

J’ai discuté de tous cela avec le ministre des Finances, et le Gouvernement, et je peux vous dire que nous sommes en train de réfléchir sur la meilleure façon de supprimer ces taxes.

Pensez-y, à quoi bon déployer la 4G si c’est seulement pour en faire profiter quelques privilégiés. Mon département ministériel est là pour travailler, et se mettre au diapason avec les opérateurs en charge des infrastructures, afin de permettre au plus grand nombre d’accéder au numérique.      

Propos recueillis par Renaud Raharijaona  

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