Macron-Rajaonarimampianina et sécurité maritime: à quoi s'attendre?

Macron-Rajaonarimampianina et sécurité maritime: à quoi s'attendre?

Politique | 27/06/2017

La fête de l’Indépendance qui s’est déroulée, hier 26 juin, a été l’occasion pour différents chefs d’Etat de féliciter Madagascar, mais aussi de rappeler les défis primordiaux des relations bilatérales sur lesquels Madagascar coopère avec d’autres pays. Paris et Washington retiennent notamment la problématique de la sécurité maritime dans l’Océan Indien ; au menu de la rencontre entre Emmanuel Macron et Hery Rajaonarimampianina ce mercredi 28 juin à 15h.

"Notre proximité nous permet d’œuvrer au développement des pays de l’océan Indien et de répondre ensemble aux défis régionaux, comme la sécurité maritime."

De quoi s’agit-il ?

Une importante flotte européenne réside dans la corne de l’Afrique, sous le nom de l’European Naval Force Somalia – Operation Atalanta (EU NAVFOR Operation Atalanta). Cette opération combine notamment les opérations anti-piraterie dont l’ouest de l’Océan Indien en est notoire, mais aussi la sécurisation des zones maritimes proches de la corne de l’Afrique. Madagascar perd chaque année 750 millions de dollars dus au pillage des ressources maritimes malgaches.

La France comptabilise 15 vaisseaux militaires dans cette opération, en coopération avec les autres pays de l’Union européenne, dont un navire militaire espagnol a notamment fait escale à Antsiranana en mai dernier, pour une visite technique. D’ailleurs, Antsiranana constitue une destination habituelle pour les forces engagées dans l’Opération Atalanta.

Une coopération franco-malgache plus étroite constituerait ainsi un enjeu de taille pour les deux pays. Il est bien probable que cette opération entre dans le menu des discussions entre Macron et Rajaonarimampianina. Les liens qui rattachent le président français du continent africain ne sont plus à prouver, comme le démontrent ses visites dans le Nord de l’Afrique, ou ses rencontres avec ses homologues de l’Afrique subsaharienne, dans le continuum de l’idée de Françafrique, surtout au niveau militaire.

Autre point de discussion pourrait être l’immigration. Mayotte est officiellement un département d’outre-mer (DOM) français depuis 2011, et a vu ainsi sa part de population migratoire augmenter spectaculairement. Une grande partie de cette migration est pourtant clandestine, et provient des îles voisines, notamment des Comores, mais aussi de Madagascar. Environ dix mille (10.000) clandestins malagasy ont été rapatriés de Mayotte en 2015.

Parfois, les vedettes chavirent au large des côtes malgaches ou mahoraises, à l’instar de la vedette Kinga qui a transporté des clandestins malgaches au départ de Nosy Be, dont cinq ont trouvé la mort avant l’arrivée à Mayotte.

Les trafics en tout genre (substances illicites, ressources naturelles, et trafics humains) ne sont pas en reste. Les passeurs envoient des centaines d’enfants malgaches à Mayotte, parfois avec le consentement des parents pour la promesse utopique d’une vie meilleure, mais souvent juste kidnappés.

La France a aussi un autre département, à l’Est de Madagascar : La Réunion. La coopération entre La Réunion et Madagascar n’est plus à débattre, mais reste toujours à améliorer. La France a tout intérêt à sécuriser les cargos qui font aller-retour entre la Réunion et Madagascar et qui constituent 13,5 millions d’euros de marchandises par an.

Si La Réunion n’a pas autant de problèmes de pirateries que d’autres régions de l’Océan Indien, ses inquiétudes ne sont pas moindres. Ainsi, le département cherche à « conduire des actions bilatérales et multilatérales en matière de lutte contre la pêche illicite, de sécurité et de sûreté maritime (hors piraterie), ainsi que de protection de l’environnement marin, avec ses partenaires de la zone sud de l’océan Indien. »

Des exercices conjoints sont menés de manière régulière, tel que l’Ivondro 2017 qui s’est déroulé du 24 au 30 mai derniers à Toamasina, et auquel ont participé plus de 900 militaires venant des différents pays de la Commission de l’Océan Indien. Cet exercice avait notamment pour but d’entraîner les forces militaires à des opérations conjointes dans le cas notamment de catastrophes naturelles telles que les cyclones qui frappent souvent les pays de l’Océan Indien. A noter que La Réunion a participé aux aides internationales d’urgence après le passage du cyclone Enawo.

Une autre question périlleuse pourrait être celle des Iles éparses de l’Océan Indien dont Madagascar a réclamé la restitution depuis 1972, et qui reste souvent un sujet de discorde dans les relations franco-malgaches. Ces îles avec la possibilité de présence d’hydrocarbures et leur Zone économique exclusive (ZEE) de 640 400km2 ont déjà été abordées en 2016 devant les Nations-Unies, où le président malgache a notamment affirmé que les négociations entre Antananarivo et Paris étaient en cours.

Il s’agit donc de savoir quelle valse vont danser Macron et Rajaonarimampianina, au moins d’ici l’année 2018. La coopération avec la France est primordiale pour Madagascar, car l’Hexagone est non seulement le premier partenaire en matière d’aides étrangères, à travers l’AFD (Agence française de développement), mais aussi au niveau touristique, économique, défense, et même historique et culturel.

Le ton diplomatique entre les deux pays est donc à observer de près. A savoir qu’Emmanuel Macron a reçu plus de 85% des voix des Français de Madagascar et que Rajaonarimampianina a salué « une victoire de la démocratie ».

 

HHO.

Retrouvez le message d'Emmanuel Macron à Hery Rajaonarimampianina, du 24 juin 2017 ici.

Tags : macron - Hery Rajaonarimampianina

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