Jean Émilien a joué sa dernière note

Jean Émilien a joué sa dernière note

Culture | 05/04/2017

Jean Emilien Rakotonandrasana, celui qui a hissé haut le fanion de la Grande île via ses multiples talents de joueur de kabosy, de guitariste et surtout de joueur d’harmonica (instrument de musique qui lui a même valu le titre de champion du monde en 1991), a joué sa dernière note, dans la matinée de ce 5 avril, vers 4 heures.

Né au mois de septembre de l’année 1963 à Fianarantsoa, Jean Émilien a été initié musicalement par son grand-père, joueur de Jejy Voatavo (une sorte de valiha et de mandoline en même temps). D’ailleurs, ce grand-père, à sa mort, a été mis sous terre avec son propre Jejy Voatavo.

Alors qu’il était enfant, Jean Émilien a été aperçu par le chef de canton, suite à divers concours. Ce dernier lui a soufflé mot pour qu’il ne cesse pas de travailler sa vocalise. Car, faut-il souligner qu’à part le fait d’être auteur-compositeur, guitariste, joueur de kabosy et d’harmonica, Jean Émilien est également un chanteur hors pair, avec une voix très spéciale, nasale et très aigüe incomparable ?

Faut-il se rappeler que Jean Émilien a surtout été découvert par le public d’Antananarivo, lorsqu’il s’est produit pour la première fois au cinéma Kanto, en 1983 ? À l'époque, le public lui a même jeté des pièces de monnaie enveloppées de billets de banque. C’était sa première consécration, malgré quelques petites scènes par-ci par-là , dans des hôtels (dont essentiellement Le Glacier), ou encore dans des bals à Antananarivo, depuis qu'il a décidé d'élire domicile dans la capitale pour enregistrer à la radio nationale malgache, en 1982, sa chanson « Maitso Malama ».

Jean Émilien est, on peut le dire, malgré les différents styles de musique qui existent à Madagascar, l’ambassadeur du "rija Betsileo" partout dans le monde. Car, malgré les salegy, jejy, vakisaova, basesa et autres rythmes qui existent à Madagascar, il a su garder ce rija, tout en le mariant avec les autres, et même en mettant quelques touches de rythmes vazaha dont le séga réunionnais et mauricien ou encore le reggae et, ultérieurement, le rock.

En 1989, Jean Émilien enregistre son tout premier album intitulé « Hey Madagascar » (une sorte de mélange de plusieurs styles dont la base reste toujours le rija et le séga).

En 1991, Jean Émilien, suite à un concours organisé par la marque d’harmonica Hohner, à Detroit, aux États-Unis, a remporté la médaille d’or. Cette médaille lui a valu, par la suite, d’être référencé comme étant l’égal de Robert Johnson, le père du blues et référence de John Lee Hooker et d’Eric Clapton.

Suite à cette consécration, Jean Émilien a réalisé le plus de tournées que n’importe quel malgache aux États-Unis. Il a notamment assuré la première partie des concerts de Bernard Lavilliers, de Chalélie Couture, ou encore de l’illustre guitariste Carlos Santana.

Presque 10 années plus tard, notre artiste sort son second album intitulé « Ezaka », puis son troisième intitulé « Miandraza ».

Les détails des obsèques nous seront communiqués ultérieurement. L’équipe de la rédaction d’orange.mg adresse ses sincères condoléances à toute la famille ainsi qu’à ses proches.

Faly R.

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