Bruno Rabarihoela en concert unique au Dome RTA

Bruno Rabarihoela en concert unique au Dome RTA

Interview | 17/12/2015

« Ho an’ny fo voasingo-tsilo, voasedran- herisetra, Mitoloko ao anaty lavareny tsy hisy fetra, No anoloranay indrindra 'ty Amboara hafa kely Hatry ny ela nantenaina dia ny Antsan'ny Noely. »

Un nouveau retour sur scène pour ceux qui l’ont connu tant en Europe qu’à Madagascar, mais aussi révélation aux nouvelles générations auxquelles il partagera la fraîcheur et la verve des premiers temps de sa carrière, associées à la maturité de l’âge et de l’expérience.

Musicien aux talents éclectiques, Bruno Rabarihoela (BR) excelle dans plusieurs genres de musique et de chant qu’il compose, arrange et exécute en différentes langues, en français, en anglais, en espagnol, en swahili,… et naturellement en malagasy. L’éventail de son répertoire s’étend du grand classique au gospel et spirituals, en passant par le ba gasy, le zafindraony et les autres variétés.

Concert unique? Parce que cette fois-ci, outre sa prestation musicale et chantée, il révèlera ses talents de poète, jusqu’alors très peu connus du public, lesquels nous feront apprécier la profondeur de ses méditations, la force de ses convictions et le sublime de son art, source d’émerveillement et d’espérance pour une humanité en souffrance, en quête de repères.

Le Concert sera donné en trois langues : malagasy, français et anglais et se tiendra ce 20 décembre, à partir de 14h30 au Dome RTA.

Il sera accompagné par ses « invités » et ses proches collaborateurs… Interview.

Qui êtes-vous Bruno Rabarihoela ?

Citoyen malgache à part entière, résidant à Madagascar, malgré une absence assez prolongée dans le temps à l’extérieur. Fils benjamin de feu son père à qui on fait porter le nom de la Place « Kianja Rév.Rabarihoela F.E » sis au début de l’avenue de l’Indépendance, en plein centre de la capitale. Chercheur et consultant. Conférencier et Animateur de Séminaires. Littérateur et Poète. Auteur-Compositeur.

Producteur et Editeur d’Ouvrages et CD. Sociologue, Anthropologue, Communicateur, Formateur-Educateur en Sciences sociales. Spécialiste en Méthologie de recherche appliquée au Management d’Entreprise, au Management sociétal et au Développement.

Président du Groupe des Experts et Scientifiques consultants – GESC.

Conseiller scientifique auprès de l’Institut de Management et de Gestion des Arts et Métiers.

Parcours formatif et professionnel

- fort en philo, j’intégrais la classe préparatoire aux grandes Écoles de France, en Lettres supérieures, à Bordeaux, en vue de préparer l’Ecole Normale Supérieure de Paris. Mais sentant ma vocation de retourner au pays avec un bagage plus adapté à sa réalité et ses exigences , et malgré un accessit en philo, je me tournais vite vers les sciences de l’homme et de la société, où j’exerçais d’abord comme enseignant, ensuite très vite comme chercheur et consultant.

- Mon problème : j’ai trouvé l’enseignement classique trop didactique et livresque. Je n’avais le sentiment de vraiment commencer à « étudier » que lors que j’ai poursuivi mon troisième cycle, où j’ai trouvé (enfin), l’occasion de jouir d’une liberté de réflexion et d’expression, etc. Dès mon jeune âge, je n’étais pas du genre à accepter sans discuter. Ce n’était pas tellement pour polémiquer, mais pour saisir et éclairer le fond et le pourquoi des choses, bref, la vérité. Pour ainsi dire, les idées établies le gênaient. C’était en fait les signes de sa disposition à la recherche et à la créativité. Mes étudiants me connaissent comme un spécialiste en méthodologie de recherche et d’étude et un innovateur en matière de pédagogie formative.

- Mon principe est simple, mais efficace : former l’apprenant à se former lui-même en lui donnant les outils et moyens de formation scientifique et méthodologique, bref, la clé de la formalisation par le jeu des concepts et de la gestion de la connaissance et de la pensée. A la faculté de Bordeaux, ma ville estudiantine, l’on se sert de mes travaux comme documents de travail pour les thésards de la filière sociologie.

Scientifique et Artiste : ne sont-ce pas des termes antinomiques ?

Effectivement, il existe une certaine perception des choses qui tend à séparer, sinon à opposer l’art et la science, ou l’artiste et le scientifique, prétextant que le premier agit et évolue en fonction de ses inspirations et de ses émotions, sinon de ses caprices d’humeur ; et , l’autre étant plutôt dirigé par la froideur des règles et soumis à la rigueur des principes.

Il y a, en fait, complémentarité, du fait que l’homme n’est pas que sensibilité, ni pure raison. Nous avons connu de grands artistes qui furent en même temps de grands scientifiques comme Léonard de Vinci, et de grands scientifiques pratiquant en même temps l’art comme Einstein qui ne se séparait pas de son violon.

En vérité, il s’agit d’éclaircir le lien entre créativité et méthode ; l’une, signifiant élan à produire et l’autre la capacité d’organiser et de mettre en forme le produit de création. Il faut les deux, absolument, et cela est valable dans tous les domaines. BR dirige un groupe de qualité, le GESC (Groupe des Experts et Scientiques Consultants) qui tient, selon les occasions, des séminaires sur des thèmes de développement personnel et collectif.

Sur le plan social et celui de la vie nationale, il a entre autres été sollicité pour conduire le département d’analyse et de synthèse préalables aux travaux du Forum National de 1992, tremplin pour l’avènement de la troisième république. Il continue de produire des outils de facilitation des méthodes de gouvernance et d’amélioration de la performance collective.

Talent de littérateur

 J’alignais avec aisance et rapidité mes écrits.

- au lycée, je rendais non des copies de dissertation, mais des cahiers de 30 à 50 pages. Ce qui m’a valu de ne plus être corrigé par mon professeur.

- ce n’était en fait que les prémices d’une véritable carrière littéraire. J’ai écrit des pages et des pages. Récemment, je viens de publier le premier tome d’un grand ouvrage de plus de 2000 pages sur le thème "Prophétie, Vie nationale et Réveil spirituel à Madagascar" , ouvrage traitant la problématique du Millénarisme et du Messianisme à Madagascar.

- de temps en temps, des chercheurs ou professeurs missionnaires viennent me consulter.

Qu’est-ce que pour vous un artiste ? Quel est son rôle ?

Normalement , une double fonction caractérise l’artiste :

- d’une part, en tant que citoyen à part entière de mon milieu, je canalise le vécu de mon entourage, de mes semblables, pour les formaliser en idées claires et les sublimer en expression musicale et vocale. En d’autres termes, je contribue à apporter la lumière là où il y a ténèbres et confusion, donc source d’angoisse, d’anxiété, que ce soit au niveau de chaque individu que sur le plan du vécu sociétal global.

- d’autre part, je contribue à la qualité de la vie et se présente comme un messager, porteur de valeurs, de vision, d’espérance, et a la responsabilité sinon le devoir de répondre aux attentes de mes proches.

On vous a connu comme l’un des principaux pionniers du chant et de la musique dite « évangélique » à Madagascar. Qu’en est-il au juste ?

Un rapide rétrospectif permet de dire qu’effectivement, le groupe « Bruno & Malala» a donné depuis 1972, date de sortie et arrivée de mon premier disque à Madagascar, le déclic d’une tendance musicale, sinon d’une vogue de musique nouvelle, laquelle fut caractérisée par la « libéralisation » du style musical dans l’expression du message évangélique. Autrement dit, la musique dite « sacrée » est sortie des schémas traditionnels liturgiques, et avec cela, de mon cadre ecclésial traditionnel, pour s’exprimer davantage dans un langage plus prosaïque, c’est-à-dire plus habituel, plus facilement accessible au commun des gens. En bref, c’est devenu le langage musical de tous les jours. Évidemment, cela a vite fait recette, y compris dans le sens commercial du terme comme nous le voyons jusqu’à aujourd‘hui.

Les jalons de vos prestations ?

Pour résumer : des concerts, pas nécessairement tapageux sur le plan publicitaire, mais suivi par les connaisseurs, lesquels ont fait tache d’huile. Avec cela la production des supports : disques au début, puis les cassettes audio et vidéo (VHS), les CD, organisation de séminaires de formation musicale et vocale avec l’Association Hira & Filazantsara (Hi&Fi) , participation à diverses festivités collectives institutionnelles publiques et privées, animation et célébration de mariage, jubilés, etc.

Existe-t-il dans votre cursus musical, et au travers de vos prestations, un fait marquant?

En fait, chaque concert comme chaque publication d’un nouvel album est un « fait marquant », un évènement. Mais je peux quand même citer sans me tromper le fameux concert que nous avons donné avec de grands noms du monde musical et artistique malgache, j’ai nommé Rado Georges Andriamanantena et Ludger Andrianjaka à la Paroisse internationale d’Andohalo au mois d’avril 2001.

Et pour cette fois-ci, qu’est-ce que vous allez offrir d’inédit au public ?

De nouvelles compositions, mais particulièrement le récit en direct des poèmes tirés du nouvel album « Salamo & Haikanto ». 14 poèmes inédits tous en malgache auquel sera joint la brochure des textes avec un lexique explicatif de quelques 170 termes. Ce sera le coffret de Poèmes avec illustration musicale composée et arrangée particulièrement pour chaque récit. C’est différent de l’accompagnement ou fond musical classique, car c’est plus riche, plus expressif, plus prégnant.

Vous projetez de donner prochainement un Concert. Pourquoi ce Concert ? Quelle motivation?

Oui, ce sera cette fois-ci au DOME - RTA Ankorondrano Antananarivo, le dimanche 20 décembre à partir de 14.30 heures.

- ce sera un concert, disons, de proximité et de convivialité. Un confrère journaliste en assumera la présentation et l’animation.

- le premier but est de renouer une nouvelle fois avec le public et de satisfaire sa soif d'émotions esthétiques, mais aussi sa quête de certitude et de vérité grâce au message de l'Evangile; ce, dans le cadre d'une ambiance musicale de qualité, qui aurait en fait marqué leur histoire. Car l’expérience nous a montré que ce que le public a reçu des prestataires fait partie intégrante de leur vie, de leur histoire ; ce, sans que l'on ne peut a priori en apprécier la portée. C’est comme une image, une photo qui reste vivace dans les esprits.

- Et puis, il y a toujours le désir inextinguible de partager, de faire plaisir, d’apporter un souffle d’espoir et de confiance dans nos moments de difficulté chargés d’angoisse et de questionnements, d’incertitudes. Et ce souffle d’espoir est d’autant ravivé et fortifié lorsque la communion autour d’un chant, d’un poème, ou d’un mot de message tout court est réalisée. Bref, il s’agira de dire et de persuader selon l’adage bien connu que « quand il y a de la vie, il y a de l’espoir ». C’est vrai pour chacun, et c’est aussi vrai pour la communauté, pour tout le monde. Le Créateur ne nous a-t-il pas créés pour vivre, et non pour mourir?

Vous êtes d’après votre CV lauréat et révélation du Festival international Spiritual Songs d’Agen France en 1972. Comment avez-vous pu arriver à ce niveau et comment était-ce arrivé?

Si je vous réponds en termes simples, c’est parce que j’avais une musique à vivre et un message à délivrer. L’idée de participer à un Festival de ce genre, et, encore moins, prétendre à en devenir lauréat ne m’est jamais venue en tête. C’était un concours de circonstances. Ce qui me tenait à coeur, lorsque j’étais encore étudiant en cours de terminer mes études en France, c’était de partager pour égayer, pour donner vie, pour s’exprimer et pour inciter aussi les autres à le faire. Cela m’avait littéralement « brûlé » intérieurement au point où je ne trouvais pas ma sérénité et avais de la difficulté à dormir, jusqu’au jour où les évènements se précipitèrent.

Effectivement parlez-nous un peu des circonstances de ce fameux festival.

C’était le premier festival où ont pris part des groupes versés dans le gospel songs et autres musiques « spirituelles », issues de divers pays : Suisse, Belgique, Espagne, Angleterre .., États-Unis, et nous , seuls représentants de la zone Afrique et de l’Océan Indien. Les participants étaient en bonne partie des professionnels du genre. Certains ont déjà sorti au moins 2 ou 3 disques 33 tours ; c’était des références. Pour ma part, j’ai été accosté par le fils d’un des organisateurs qui m’avait vu et écouté chanter et jouer à l’orgue de leur église, et me disait « il faut que tu viennes absolument participer au Festival ».

Et le groupe « Bruno & Malala »?

Là c’était ce qu’il y avait de plus imprévisible, car Malala, ma première épouse, n’était jamais montée sur scène et encore moins a chanté en public ; c’était la jeune « fille rangée ». Et à l’initiative des organisateurs, sans que ce fut convenu entre nous, nos noms étaient cités au beau milieu de l’affiche du festival! Évidemment, Malala avait tout de suite marqué son refus catégorique de prendre part au jeu, comme quoi j’allais devoir me débrouiller tout seul.

C’était très compréhensible de sa part, vu que moi-même je me trouvais dans l’embarras d’avoir à improviser à 2 semaines du festival pas moins d’une quinzaine de chants. Car j’avais concocté un répertoire en malgache et anglais, ayant pensé au caractère international de l’évènement. Mais les

organisateurs étaient fermes : rien que des chants en français, parce que le public était majoritairement français, et des chants inédits, propres à chaque groupe! Chose que je n’avais pas en main. Le miracle ? En moins d’un quart d’heure, mais après force détermination et prière, j’ai pu tracer les lignes mélodiques de nos premiers chants en français, venir au festival et provoquer l’étonnement et la surprise générale. C’était au mai 1972, durant le week-end de Pentecôte. Et à l’issue de cette festivité, les organisateurs ont proposé la production, l’édition et la diffusion gratuites de notre premier disque (ce qui fut en fait la récompense du lauréat) ; le public quant à lui nous a vite adoptés, et les invitations ont pour ainsi dire afflué, nous amenant à enchaîner les tournées et des visites depuis la France jusqu’au Danemark.

L’amont des concerts et autres festivals ?

- Tout d’abord et fondamentalement, l’amour de la chose et la conviction de la valeur et de la vérité de ce que l’on va donner.

- Une ambiance et un environnement de travail et d’évolution éducative et morale favorable, qui sont des opportunités d’épanouissement propices et requises à l’expression et à la création musicale.

- Une culture générale de base, une information permanente, une culture vocale et musicale soutenue ; pour ma part, j’ai éduqué ma voix depuis l’âge de 14 ans jusqu’à sa première maturation à 20-21 ans, la deuxième maturation se faisant à partir de 50 ans.

- passage au Conservatoire National de Musique, toujours à Bordeaux, pour l’approfondissement de la culture vocale et du chant, parallèlement à l’approfondissement du solfège.

- de la connaissance des instruments (raconté par un proche): Bruno était touche-à-tout, mais était particulièrement fasciné par les grandes orgues à tuyau, du fait de leur puissance et de leur prestance. Cela fut tel que les orgues électroniques qui ont apparu par la suite lui semblaient plutôt comme des jouets d’enfants quoique de timbre joli . Il a appris à jouer de l’orgue en simulant avec la table à manger et se servant du parquet de bois du plancher comme pédalier de basse. Il put ainsi jouer directement à l’ orgue à tuyau d’église à l’âge de 14 ans, lors d’une réunion interéglise à Tana. Par la suite, travail laborieux en vue de la maîtrise du clavier : au moins 4 à 6 heures par jour, lorsqu’il était en France, parallèlement à ses études universitaires.

Faire un concert : est-ce absolument une source de bonheur?

Oui et non. Bonheur, oui, parce que vous pouvez vous jouir de pouvoir donner quelque chose de bien et de personnel. Mais non, lorsque les rapports avec les gens sont biaisés par votre image médiatique, et que les programmes de tournées ou autres prestations vous obligent à «créer sur commande», comme si vous étiez une machine dans laquelle il suffirait d’introduire un jeton pour en tirer une friandise! La créativité ne peut et ne doit jamais se simuler ; c’est une vérité à vivre et non pas un simulacre. Ne pas respecter ce principe vous fait dériver du sens de votre vocation et de vos objectifs et causer des préjudices regrettables et pas très faciles à surmonter.

Pourquoi un répertoire plurilingue ?

Le souci du partage oblige à se faire comprendre, donc à parler la langue de l’autre, de l’auditoire. Pour ma part, j’ai eu la chance d’avoir un père anglophone (feu Pasteur Rabarihoela qui, en son temps, comptait parmi les premiers diplômés de théologie d’Angleterre, et une mère francophone). Par la suite j’ai eu mes cours de grec pendant au moins 4 ans au lycée d’Andohalo (ex lycée Galliéni). Et puis les « dispositions naturelles », surtout la capacité de saisir la « musicalité ou phonétique d’une langue », qui signifie que vous saisissez instantanément dans quelle langue une mélodie doit être chantée : en grec, en russe, en allemand, en swahili, etc. C’est, bien sûr, une richesse incommensurable.

Autrement dit, vous auriez pu faire carrière aux États-Unis, par exemple ?

On m’a déjà fait la proposition, mais j’aime aussi mon pays. Toujours est-il que dès le bas âge, j’étais attiré et bercé par les gospel songs et negro spirituals, et j’ai eu l’occasion de composer plusieurs chants en anglais, et je concocte de sortir un nouvel album entièrement dans cette langue ; car il faut reconnaître la poésie propre à la langue de Shakespeare. C’est noble, c’est élégant, c’est fort.

Et les différents styles et genres musicaux dans lesquels vous vous sentez à l’aise? C’est autant d’occasions de développement de la richesse d’expression et de créativité, donc d’épanouissement personnel et d’enrichissement commun.

En moyenne, combien de temps mettez-vous pour écrire une chanson pas trop difficile?

Franchement, je n’ai pas fait le calcul, mais plus d’une fois il m’est arrivé d’écrire d’un seul trait la musique et la parole d’un chant, sans retouche.

A quelle occasion, vous avez fait, si l’on peut dire, un temps record?

Je me souviens que cela fait quelques mois à peine, j’ai pris part à l’animation musicale d’un jubilé au Carlton où j’ai été sollicité à venir au-devant de la scène interpréter un oratorio classique, au cours duquel j’ai chanté et joué tout en étant obligé d’improviser la musique et les paroles du morceau dont je n’avais eu le temps d’écrire que les deux premières lignes. A la fin, le public s’était levé pour ovationner.

Sport et hygiène de vie.

j'aimais les courses de fond (1000, 1500 m). A obtenu le « brevet de l’athlète malagasy » lorsqu’il finissait ses études secondaires en 1967. j'aimais battre ses records personnels (mamono tena). Ce trait de battant et de détermination est l’une des forces qui le soutiennent, et il l’applique aussi dans d’autres d’activités. De même l’éducation à la patience, héritée de son père qui lui avait inculqué la passion de la pêche à la ligne.

Il se limite actuellement à entretenir sa forme et sa santé par la pratique du tennis de table, lié à un régime diététique sain et adapté. Comme l’on a coutume de dire « qui veut aller loin, ménage sa monture ». Mais pour son cas, cela n’est pas toujours vrai, car le travail, toujours le travail, est le maître mot de sa vie.

 Quels sont vos « maitres-mots » pour réussir dans vos projets ?

Pour résumer, c’est tout d’abord et fondamentalement la passion de ce que l’on fait, autrement dit une motivation forte et profonde, et une détermination pour obtenir des résultats et aboutir à des objectifs. Avec cela le travail sans relâche, le sens de la méthode et de la discipline, le souci de la chose bien faite et faite dans les délais, l’intelligence imaginative et organisatrice. Mais par-dessus tout, c'est l'attachement au Créateur, source d'inspiration, de conseil et de force illimitée. Pour aller loin il faut toujours fourbir vos armes. Et pour vous rendre heureux et rendre heureux vos pairs : sachez partager, partager et partager. Car, comme il est écrit, « il y a plus de bonheur à partager qu’à recevoir » et en même temps le feed-back vous aide à mieux apprécier votre prestation et vos résultats.

La place et rôle de la musique et du chant dans la culture sociale : le concevez-vous comme un mode d’engagement ou tout simplement pour « adoucir les moeurs » et faire plaisir?

Les deux ne sont pas incompatibles. On a besoin de la musique pour soigner les maux psychologiques et pour soutenir le moral ; c’est l’aspect thérapeutique de la musique, dit aussi « musicothérapie ». Certains éleveurs utilisent aussi la musique pour avoir un filet de boeuf plus tendre ou augmenter la quantité de lait des vaches laitières ; c’est scientifiquement prouvé.

Mais la musique est aussi un support efficace et puissant de transfert de message. Les dirigeants politiques l’ont utilisée, quel que fusse le régime (royaliste comme du temps des monarques malgaches, dictatorial comme du temps de Mussolini, d’Hitler, ou de Staline, révolutionnaire comme au temps des Lénine ou de Mao-Tsé-Toung, etc.).

Quel est votre plus haut désir par le bais de ces prestations et concerts?

Eveiller au sens et à la réalité de la qualité de la vie humaine et naturelle à Madagascar ; puis motiver davantage au sens des valeurs, d’un côté universel certes, mais aussi de nos valeurs malgaches propres (soatoavina). Je souhaite que mes compatriotes et surtout notre jeunesse puisse percevoir davantage ces « images idéales », et avoir en même temps des repères pour savoir se diriger et où aller.

Rien à redouter dans le métier, sinon dans la vie tout cout ?

Si, l’accoutumance, la monotonie, la familiarité, l’arrivisme (le sentiment de se croire arrivé).

Le Mot de la fin ?

C’est un souhait que je formule en deux points: - le premier est une citation biblique: "La justice (et la vérité) élève une nation, mais le péché est la honte des peuples" Prov.14:34.

- le second, je le formule sous la forme d’un petit slogan pour mon pays, pour mes compatriotes: « Gasy mahiratra, Gasy mamiratra ».

Recueillis par Faly R.

 

Témoignages de célébrités

 - Ludger Andrianjaka, le premier ténor à la voix d’or disait : «Mon plus vif désir a été de chanter avec Bruno. Ce fut chose faite. Et j’aurais aimé avoir sa belle voix de baryton ». « On retrouve dans les écrits poétiques de Bruno Rabarihoela le cachet de feu de J.J Rabearivelo et l’élégance de Ny Avana Ramanantoanina ».

- Rado Georges Andriamanantena, notre poète national, affirmait : «Bruno ferait bien plus que je n’ai fait. et je sais ce dont je parle».

Témoignages recueillis et enregistrés, lors du Concert « Paska Fananganana » donné ensemble à la Paroisse internationale d’Andohalo le 21 Avril 2001.

 

* Echantillons d’oeuvres poétiques

“Ny fanantenana”

“Koa na firifiry ny zava-nihatra,

Tsy maty vonoina fa velona hatrany

Ny Fanantenana, tsy tolan'ny ratra,

Tsy maty tsy akory fa mbola ao ihany”.

 

- “Misy Iray izay tia anao”

“Misy Iray izay tia anao, misary moana sy mangina,

Tsy re teny, tsy re feo, fa mibitsika ao anaty,

Toy ny ritsoka misioka, loharano mikoriana

Ny fitiavany anao, tena velona tsy maty”.

 

- “Satriko ny hanana elatra”

“Satriko ny hikopaka elatra, afa-patotra sy gadra,

Ho afaka miriaria, manavatsava ny habakabaka,

Tsy ho voatohitry ny tselatra, na ny varatra sy havandra,

Fa hisonenika erz, velon-kira tena miavaka”.

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